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"La tragédie d'Absalom
et le théâtre des Jésuites.
Anno Domini 1634"
Lorsque le collège des Jésuites ouvre ses portes
officiellement, le ler octobre 1603, il connaît d'emblée
une grande affluence. Plus de 200 élèves s'inscrivent
immédiatement dans ses cours, et en deux ans le nombre a
presque doublé. Seul établissement d'enseignement
classique existant dans tout l'ancien Duché, un territoire
quatre fois plus grand que le Grand-Duché actuel, le collège
accueille surtout les fils des notables: nobles, magistrats, fonctionnaires,
mais également les jeunes bourgeois et paysans très
doués, notamment lorsqu'ils se destinent à une carrière
ecclésiastique. En tant qu'instrument primordial de la Contre-Réforme
appuyée par la Maison des Habsbourg, le collège a
pour mission de consolider la foi catholique et de créer
une élite intellectuelle dans les domaines religieux, politique
et culturel.
Le programme est axé sur l'étude des langues anciennes,
le grec et le latin, il cherche à donner une culture générale
profonde, à former selon le goût baroque des hommes
sachant "représenter", c'est-à-dire paraître
et parler en public. Aussi les Jésuites mettent-ils un accent
spécial sur la rhétorique, l'art de déclamer,
et sur l'art dramatique. Chaque année scolaire se termine
au mois de septembre avec la distribution des prix, cette cérémonie
culmine dans la présentation d'un grand spectacle offert
par les étudiants les plus brillants des classes terminales.
L'écrivain Nikolaus Hein (1889-1969), ancien élève
de l'Athénée, professeur de grec et d'allemand pendant
de longues années, évoque dans son roman historique
"Der Scheiterhaufen" cette festivité de rayonnement
presque national, au beau milieu de la Guerre de Trente Ans. - Cette
même année 1634 le "traître", le nouvel
"Absalon", Wallenstein, qui avait trahi les Habsbourg
pour conclure une alliance avec les Suédois, a été
assassiné à Eger.
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