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Hommage du Collège Royal Thérésien de
Luxembourg à l'empereur Joseph II (1781)

La même année où Mozart présente avec son élève le double concerto au public viennois, son souverain, l'empereur Joseph II rend visite aux Pays-Bas autrichiens, dont fait partie le Duché. Observant l'incognito le plus strict de Ratisbonne jusqu'à Trèves, il voyage sous le nom de comte de Falkenstein. Joseph II séjourne à Luxembourg du 31 mai au 4 juin 1781 et le "Theresianeum" ou "Collège Royal Thérésien", établissement officiel de la monarchie des Habsbourg, lui prépare un accueil chaleureux, comme à de nombreux princes et souverains dans le passé . Il est vrai que le pape Clément XIV vient de dissoudre l'ordre des Jésuites, mais le collège continue de fonctionner presque normalement avec d'autres professeurs venus de Louvain, et c'est sans doute l'un d'entre eux qui a composé en latin - toujours langue fondamentale de l'enseignement - l'églogue "DAPHNIS" dans le goût champêtre de Virgile et avec des personnages empruntés aux Bucoliques : "In promptu Suae Sacrae Caesareae Majestati oblatum dum Luxemburgum inviseret" - un document très révélateur sur l'état d'esprit à Luxembourg à la veille de la Révolution française. Les Luxembourgeois sont les sujets loyaux et reconnaissants de la monarchie autrichienne, des Habsbourg catholiques. Le Duché n'a jamais connu autant les bienfaits de la paix et de la prospérité que sous le règne de l'impératrice Marie-Thérèse.

Le jeu allégorique, écrit en hexamètres dactyliques, débute par la plainte du berger Tityrus:

Quae lacrymis tandem, nostro quae meta dolori?

Il se plaint de ses malheurs, mais il souffre surtout de l'absence du "berger Daphnis" (Joseph II), incarnation de toutes les vertus. Le berger Damon le console et lui explique: Si Daphnis est absent, ce n'est point qu'il méprise la terre de Luxembourg: il a des soucis plus graves depuis que le destin lui a enlevé sa mère chérie. (L'impératrice Marie-Thérèse est morte quelques mois plus tôt.)

Nam si Daphnis abest; non quod Luxburgica rura
Despiciat Daphnis : cura graviore tenetur
Ex quo dilectam rapuerunt fata parentem.

Selon la description de Corydon, le berger Daphnis est supérieur à tous les autres bergers: il élève sa tête plus haute entre les autres bergers comme le chêne se dresse jusqu'aux astres au milieu des saules. Mille autres bergers lui font cortège.

L'Ode finale exalte la gloire de l'empereur, son origine noble, sa majesté, son intelligence politique (rebus gerendis ingenium sagax), son courage, son amour de la religion des ancêtres. Mais son plus grand titre de gloire : Il cherche à réaliser le bonheur et le salut de son peuple, il veut être appelé "père de la patrie".

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Texte: Jos Groben