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"L'Athénée Royal, berceau de la poésie luxembourgeoise"

Au moment où le jeune Schubert composa à Vienne son immortel chef-d'oeuvre, l'Athénée de Luxembourg vit l'éclosion assez brusque de la poésie luxembourgeoise, en langue allemande, il est vrai. En 1817, le Roi-Grand-Duc Guillaume Ier donna à la plus ancienne école de Luxembourg le nom d'Athénée et il réforma son programme. Pour la première fois, la langue allemande fut enseignée officiellement à Luxembourg. Le premier professeur à être engagé pour ce cours de deux leçons hebdomadaires, fut l'Allemand Heinrich Stammer (1785-1858), originaire de Boppard et ancien élève de l'illustre pédagogue Pestalozzi. Grâce à son enthousiasme communicatif, il réussit à susciter autour de lui une véritable pléiade de jeunes talents qui s'enflammèrent pour la poésie, pour Klopstock, Hölty, Schiller, et se mirent à rimer à leur tour avec une passion inouïe. Leurs poèmes sont perdus en grande partie, et le public a oublié jusqu'aux noms de ces pionniers de la vie littéraire luxembourgeoise : Theodor et Peter-Albert Lenz de Schrondweiler, Johann Engling de Christnach, Peter Klein, Viktor Klein de Remerschen, Franz Pergameni de Luxembourg, Louis Marchand de Luxembourg, Karl Gerhard Eyschen, Heinrich et Hubert Gloden d'Eich ... Leurs vers furent déclamés lors de fêtes scolaires, ils furent publiés dans les anthologies ("Lesebücher") de Stammer, mais également dans des recueils spéciaux. C'est Louis Marchand, l'auteur de six tomes de "Poetische Versuche", que Nikolaus Welter qualifie de "premier poète luxembourgeois de langue allemande". La plupart de ces poètes moururent très jeunes, les autres furent dispersés par la Révolution belge de 1830 ou ils abandonnèrent toute activité littéraire.

Un des talents les plus prometteurs, Theodor Lenz, avait tracé, lors des compositions finales du baccalauréat de l'année 1821, le programme idéaliste de leurs efforts:

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Texte: Jos Groben