Appui soutenu à l'école secondaire António

silva pinto de ribeira das patas

Depuis la rentrée 2007-2008, l’Athénée, en partenariat avec l’association sans but lucratif  « Comité Spencer », a mis en place une initiative qui se propose de donner des cours de rattrapage aux enfants d’origine capverdienne qui vivent parmi nous.

L’écho de cette initiative est très positif si bien que, chaque année, une douzaine de « couples » de correspondants se voient régulièrement une fois par semaine à l’Athénée.

Le projet a certes pour objet d’aider des élèves d’origine capverdienne dans leur cursus scolaire, mais il vise aussi à rapprocher deux communautés culturelles vivant ensemble au Grand-Duché. 

Grâce aux liens ainsi créés, l’Athénée  a pris contact avec le lycée Escola Secundária António Silva Pinto de Santo Antão du Cap Vert et a proposé à son directeur de lancer une action pédagogique commune de sensibilisation à la préservation de la nature. Il a été retenu que ce travailthéorique mené conjointement dans les deux lycées  débouche sur une action de plantation d’arbres et d’arbustes au Cap Vert, ce pays souffrant particulièrement d’un manque d’eau consécutif à la destruction de l’environnement local.

En préparation au déplacement au Cap Vert, les élèves de la classe 3C2  promotion 2010-2011 ont suivi une initiation à l’écologie en classe de biologie. Ils ont fait des recherches sur différents écosystèmes forestiers luxembourgeois et ont présenté leurs résultats en classe (présentations PWP annexées). Des travaux de recherche sur la biodiversité ainsi que  des travaux pratiques sur l’étude du sol ont complété le cours théorique. Ces données ont été envoyées aux correspondants du Lycée Escola Secundária Antonio Silva Pinto de Ribeira das Patas (Cap Vert).De leur côté, les élèves capverdiens nous ont fait parvenir des données sur l’écologie locale.

Comme le déplacement au Cap Vert pendant les vacances de la Pentecôte 2011 s’est fait en avion, nous avons estimé qu’il faudrait compenser les émissions en CO2 par la plantation d’arbres et d’arbustes dans nos régions. D’après les calculs du site www.atmosfair.de notre vol produisait 2380kg de CO2 par personne. Il a fallu un investissement en arbres de 40€ par personne pour compenser ces émissions produites par le vol. Nous avons donc proposé que chaque élève participant au voyage cherche un parrain qui prenne en charge les frais de 40€. L’action de plantation proprement dite a eu lieu le mardi 15 mars 2011 dans le verger « Altenhoven » àBettembourg et a été organisée par « natur&ëmwelt /  d'Haus vun der Natur a.s.b.l. »

Une fois arrivés au Cap Vert, les élèves ont suivi des exposés théoriques sur les facteurs climatiques et les contraintes que subissent les écosystèmes de la région de Santo Antão. Des experts en géographie et en hydrologie leur ont montré  que les sols pauvres et peu profonds de la région sont exposés à une érosion permanente. A ceci s’ajoute une baisse importante des précipitations au cours des dernières années réduisant encore davantage la fertilité des sols. Les précipitations rares mais souvent torrentielles ainsi que des vents secs qui soufflent du désert accentuent le phénomène de l’érosion des sols. Il a été relevé par ailleurs qu’après l’indépendance du Cap Vert, aucune réforme agraire importante n’a été réalisée, si bien que les sources d’eau existantes appartiennent au propriétaire du terrain qui peut les exploiter à sa guise. En outre, la pratique de la monoculture (maïs et canne à sucre) a des effets particulièrement néfastes. Le résultat en est une grande pauvreté des habitants, l’exode rural voire l’émigration.

Après cette initiation théorique, les Luxembourgeois et les Capverdiens ont fait une excursion d’une journée dans la partie Nord de l’île de Santo Antão. Ils ont visité le cratère volcanique de Cova, région fertile car relativement humide et à l’abri de l’érosion, et notamment une pépinière d’arbres fruitiers mise en place dans le cadre de programmes pour la protection des espèces endémiques et le reboisement. Ils ont assisté à l’exploitation et à la transformation de la canne à sucre et se sont informés sur le rôle de la canne à sucre dans le passé et dans le présent. A Ponta do Sol, petit village de pêche, les jeunes se sont familiarisés avec l’importance de la pêche pour cette région. Sur le chemin de retour, ils ont pu admirer la beauté du paysage dans la vallée de Paúl, où malgré l’aridité, il existe une grande biodiversité végétale  avec de nombreux arbres fruitiers tels que manguiers, bananiers, papayers….. En fin de journée, ils se sont rendus à un marché local où se vendent les produits de la région comme de la confiture de papaye et la « grogue » locale.

Avant l’action de plantation d’arbres, un ingénieur agricole a exposé aux élèves la nécessité de sélectionner des espèces qui s’adaptent au climat et au type de sol de cette région et qui sont de nature à protéger les sols contre l’érosion. Les fruits de certains de ces arbres sont particulièrement riches en vitamines et en minéraux et sont utilisés pour l’alimentation du bétail. Après cet exposé théorique, les élèves, ensemble avec leurs correspondants capverdiens, ont procédé à une action de plantation d’arbres sur un terrain à proximité de l’école. Aidés par des experts agricoles, ils ont planté 85 arbres, des acacias, palmiers, Neems, Romas Rameiras, Maringos et Goyaves.

Dans le contexte de l’échange culturel, la délégation luxembourgeoise avait invité les correspondants capverdiens et leurs professeurs à un déjeuner typiquement luxembourgeois avec jambon luxembourgeois, Kachkéis, Kniddelen, Kiermeskuch ….et autres spécialités luxembourgeoises, le tout arrosé d’un bon vin de la Moselle. Les Capverdiens ont proposé des spécialités locales telle que la Cachupa Rica, les Couscous capverdien ainsi que des Pastéis de maïs.

Il avait été proposé que l’échange scolaire déboucherait sur une action de solidarité avec le lycée partenaire du Cap Vert. D’un commun accord avec la direction du lycée de Ribeira das Patas et les professeurs impliqués dans le projet, il a été décidé de maintenir un contact étroit pour assurer le suivi du projet écologique et notamment de l’action de plantation d’arbres et pour échanger des informations voire des cours sur l’écologie. D’autres initiatives se plaçant dans un contexte social ont été lancées dès la rentrée 2011-12.

 

Cet échange scolaire a rapproché des jeunes aux cultures, aux traditions et aux modes de vie différents. Pour les élèves luxembourgeois, cette expérience était très enrichissante sur le plan personnel et sur le plan éducatif. Ils ont réalisé, que plus de trente ans après l’Indépendance, les Capverdiens subissent toujours les séquelles du colonialisme, que la lutte pour l’accès à l’eau reste une donne essentielle dans ce climat aride, que les gens travaillent dur pour subvenir au quotidien et gardent pourtant une joie de vivre admirable, que le Cap Vert fait des efforts énormes pour offrir à ses jeunes générations des perspectives dans leur propre pays. Nos jeunes se sont aussi rendu compte de leur responsabilité de citoyens du monde et de l’obligation morale de s’engager pour une répartition plus juste des ressources et pour un partage équitable entre le monde nanti et le monde pauvre.

Ainsi ce projet se conçoit comme une merveilleuse leçon de vie.